La passionnante vie de Naëlle

Bon faut bien le dire, le titre de ce blog c'est de la publicité mensongère, ma vie est tout sauf passionnante. Mais je peux pas m'empêcher de la raconter, j'y peux rien!

16 mai 2012

Elle est où la poulette ?

Ceci sera un article fourre-tout. Je dois me plaindre de plusieurs choses. Rassurez-vous, vous avez un cadeau à la fin de l’article.

1) Les programmateurs de TF1 sont des salauds. Pourquoi faut-il toujours qu’ils mettent une semaine sur deux un match de foot à la place de Docteur House ? Déjà qu’ils ne mettent qu’un seul nouvel épisode par semaine ! Ils pourraient au moins nous faire le plaisir de mettre deux épisodes. Mais non, messieurs les gens de TF1 veulent faire de l’audience, donc ils mettent un nouvel épisode et trois rediffusions. ARNAQUE. Il faut que je vous dise, je déteste le foot. Comme sport débile, on fait difficilement mieux : des gugusses courent après une baballe et des gens crient et se tapent les uns sur les autres parce que leur équipe a perdu/gagné. On se croirait au temps de l’homme de Cro-Magnon. Et c’est insupportable cette manie de décider que le jour même ou la veille seulement si on va avoir droit à du foot ou Docteur House. Ҫa gâche notre journée, vous vous rendez compte ? Docteur House, c’est la drogue quotidienne de millions de gens, mais on nous impose ce sport à la noix. Une chaîne devrait être entièrement consacrée au foot, comme ça on serait tranquilles.

2) Les programmateurs de M6 sont des salauds. Pourquoi faut-il qu’ils coupent la diffusion de la série NCIS : Enquêtes spéciales en plein milieu de saison pour la remplacer par NCIS : Los Angeles, un spin-off à l’intérêt tout relatif ? Alors oui, c’est sûrement qu’aux États-Unis la saison n’est pas assez avancée et qu’ils n’ont pas eu le temps de doubler les épisodes en français. D’accord, mais dans ce cas vous coupez la diffusion à la fin de la saison précédente, comme tout le monde. C’est franchement n’importe quoi.

3) Je suis ultra STRESSÉE. Je crois bien que c’est la première fois que je le suis autant. Je stresse parce que :
– je n’ai toujours pas trouvé de stage pour cet été. Alors oui, c’est facultatif, mais je veux vraiment être sûre d’être prise en M2, et faire le plus de stages possible me semble être le meilleur moyen d’y arriver.
– je dois trouver un directeur de recherche pour le mémoire. J’ai déjà envoyé un e-mail, j’espère que la prof me répondra vite, que je puisse partir à la conquête d’une autre personne si elle ne veut pas de moiii.
– cinq contrôles m’attendent joyeusement la semaine prochaine, dont un de latin et un de grec, deux matières pour lesquelles il faut apprendre tout plein de choses pour avoir tout plein de bonnes notes. J’ai envie de me pendre rien qu’à voir la masse de choses que ma petite cervelle va devoir retenir en un week-end (de quatre jours ok, mais quand même).
– les partiels s’annoncent mal. Déjà, rien que leur répartition m’énerve. Concrètement, j’ai le partiel de francophonie (matière pour laquelle il faut apprendre par cœur une centaine de feuilles) le PREMIER jour des partiels, et le partiel de latin le DERNIER jour des partiels, un SAMEDI à 8 h 30. Visiblement, les gens qui organisent les partiels nous veulent du mal. Le partiel de littérature s’intercale entre les deux, évidemment. Je le redoute pas mal, parce que ce semestre j’ai été une quiche en littérature et je ne vois pas comment ça pourrait s’arranger en un mois.
Résultat ? Je pète la forme alors que je suis fatiguée et ça me fatigue encore plus.

Maiiis il n’y a pas que du mauvais dans la vie, parce qu’il y a Émilie Simon. Depuis que je suis allée à son concert, A Night with Franky, à la salle Pleyel, je suis définitivement raide dingue de Franky Knight et je me drogue actuellement avec son premier album. Bref, pour revenir au concert, c’était très très bien, sauf que personne ne bougeait. Je ne demandais pas nécessairement que tout le monde se déhanche, juste que les gens se lèvent pour les chansons remuantes comme Franky’s Princess ou au moins qu’ils gigotent sur leur siège. Parce que là, j’ai eu comme l’impression d’être dans le mausolée de l’empereur Qin mais avec des gens assis. Mais bref, Émilie Simon c’est BIEN. J’ai la flemme de développer, mais ça déchire.

Voilà. Maintenant, votre cadeau !

Poule 1

Poule 2

Poule 3

Poule 4

Poule 5

Poule 6

Poule 7

Poule 8

Voilà voilà. C'est une poulette en chocolat que ma sœur et moi (bon, d'accord, surtout ma sœur) avons torturée avec plaisir. Je voulais faire un gif mais une fois sur Canalblog ça n'a pas fonctionné. Je suis furax.

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17 avril 2012

Ghibli – Nausicaä de la vallée du vent

Nausicaä de la vallée du vent (1984, Tokuma Shoten, Hakuhoudou)
Takahata : producteur exécutif / Miyazaki : œuvre originale, scénario, réalisation, mise en scène, character design
Ҫa va être dur de parler de ce film. D'abord, je ne sais pas du tout comment résumer l’histoire parce que 1) comme dans Le Château dans le ciel et Princesse Mononoke, il y a plein de choses à dire, 2) je ne suis pas bien sûre d’avoir tout compris même d’un point de vue purement scénaristique (qui est dans quel camp, tout ça). Ensuite, je n’avais déjà pas aimé ce film quand je l’ai vu il y a 5 ans, et aujourd’hui encore on ne peut pas dire que ce soit ma tasse de thé (même si c’est « moins pire » parce que j’ai compris certains « messages » qui ne me laissent pas de marbre). Et enfin… y a pas de « enfin ».

Nausicaä 1
Nausicaä est l’héritière d’une contrée qui essaie tant bien que mal de vivre en harmonie avec la nature et les bestioles qui ne sont pas de tout repos. S’aventurer dans la forêt est très dangereux pour deux raisons : les Ohmus (les fameuses bestioles) veulent massacrer quiconque s'en prend à la forêt et l’air est toxique pour l’homme. C’est bien simple, la plupart des vieux finissent paralysés à force de respirer cet air pollué. La vallée du vent vit de manière relativement « paysanne », mais deux autres pays sont beaucoup plus branchés technologie. L’armée tolmèque débarque et bouleverse la petite vie tranquille de Nausicaä : un avion s’écrase et on apprend qu’il renfermait un Dieu-guerrier, que l’armée tolmèque a volé à la nation Pejite, ce qui explique l’arrivée dans la partie d’un garçon qui va vaguement s’attacher à Nausicaä (sans que rien ne soit très clair entre eux), le prince Asbel, dont la sœur est morte dans le crash de l’avion (elle était une otage). Voilà, en gros.
Nausicaä 2Le principal message du film est écologique. Rappelons que Nausicaä date de 1984, c’était bien avant qu’on se mette tous à crier « Sauvons la planète ». L’histoire, si je me souviens bien, c’est qu’il y a un certain nombre d’années, les Dieux-guerriers ont détruit quasi entièrement la Terre parce que les hommes faisaient n’importe quoi, et c’est à partir de là que l’air a commencé à être pollué. Tout le monde croit que la forêt est responsable de cet état de fait sauf Nausicaä, qui a compris qu’en réalité la forêt purifie l’air. Petit problème : les hommes essaient de tuer la forêt (donc aussi les Ohmus, qui la protègent) ; ils disent que, s’ils n'agissent pas, la forêt va les tuer eux. Donc c’est super, parce que les hommes courent à leur perte sans le savoir. Durant tout le film, Nausicaä essaie de réconcilier les Ohmus et les hommes, qui se font la guerre entre eux, ce qui n’arrange rien. Si vous avez vu Princesse Mononoke (dont je parlerai dans looongtemps parce que neuf films et un clip séparent Nausicaä de la vallée du vent de Princesse Mononoke), vous aurez remarqué qu’Ashitaka fait exactement la même chose, sauf que lui ne réussit que partiellement. La différence entre Nausicaä et Ashitaka, c’est que Nausicaä est l’Élue (oui parce qu'il y a une prophétie qui annonce l’arrivée de l’Élu vêtu de bleu. Nausicaä est le seul personnage de tout le film à être habillé en bleu mais personne ne tilte, hein) et qu’elle se sacrifie pour sauver tout le monde, c’est beau l’abnégation. Heureusement que le bébé ohmu qu’elle a sauvé lui vient en aide et que les énormes Ohmus autour suivent l’exemple, parce que sinon elle était couic.
Petit zoom sur les personnages. Nausicaä 3Nausicaä apparaît un peu comme un joyau parmi de la caillasse, c’est-à-dire qu’elle brille par sa gentillesse, son dévouement, sa sagesse (malgré son jeune âge), tandis que les villageois sont un peu bêbêtes et peureux bien que drôles et attachants. Et les autres, n’en parlons pas, ils sont quasi tous à jeter : ils sont obnubilés par le pouvoir, l’or, la domination. La générale de l’armée tolmèque peut faire preuve à la fois de cruauté et de clémence. Son second, en revanche, est un homme qui attend son heure : dès que la générale est portée disparue, il prend le pouvoir et, lorsqu’elle revient, il reprend sa place comme si de rien n’était. Une sorte de lâche ambitieux, donc. À côté, on a les Pejites, qui n’ont pas tellement le sens des priorités : ils n’hésitent pas à sacrifier leur ville (mais en l’ayant évacuée d’abord, quand même) pour s’emparer du bébé ohmu dont ils vont se servir pour attirer les Ohmus adultes vers le Dieu-guerrier, c’est-à-dire vers la vallée du vent. Asbel, le garçon qui s’attache vaguement à Nausicaä, m’a franchement énervée, surtout au début, parce qu'il a toute l'ardeur des jeunes imbéciles qui se consacrent tout entiers à une cause sans vraiment en comprendre les tenants et aboutissants. Au départ obnubilé par la vengeance, il finit par se rallier à la cause de Nausicaä et (me) devient plus sympathique. Yupa est un électron libre : c’est un homme passe-partout qui connaît plein de petites combines et est connu, aimé et/ou respecté de tout le monde. Ce genre de personnage a toujours la classe. Enfin, la petite bestiole que Nausicaä apprivoise, Tetho, est trop mignonne.
Nausicaä 4Parlons musique. C’est la première collaboration de Joe Hisaishi avec Miyazaki. Bon, déjà, le générique du début rappelle Le Roi et l’Oiseau (ENCORE, oui, mais qu'est-ce que j’y peux !). Ensuite, c’est assez bizarre d’entendre aux scènes d’action et/ou de danger de la musique… d’arcade. Sérieux, on dirait vraiment la musique des jeux vidéo des années… 1980. Logique, vous me direz. Oui mais non, là on est dans un film ! Étrange, donc. Je n’ai pas trouvé la musique franchement transcendante, sinon. En revanche, la petite musique qu’on entend quand Nausicaä est touchée par les espèces de tentacules des Ohmus est jolie.
Bon, ben, j’ai réussi à en parler, finalement. Tout ce qui me paraissait flou s’est clarifié en écrivant le commentaire, en fait. Mais il y a quand même un tas de choses que je n’ai pas dites, et d’ailleurs il y a peut-être des erreurs dans ce que j’ai raconté (notamment les Dieux-guerriers qui ont détruit le monde il y a longtemps parce que les hommes faisaient n'importe quoi, ça je ne suis pas sûre). Bref, des tas de bonnes choses dans ce film, mais ce n’est pas mon préféré.

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20 mars 2012

Lectures de l'hiver

Huhu, j'ai été au salon du livre! J'ai vu Kenzaburô Ôé en vrai, avec toute la file de gens qui voulaient une dédicace. Et sinon, j'ai bravé la timidité et me suis fait dédicacer Les Grands Moments de Solitude de Michaël Guérin par Marc Dubuisson! Contente je suis. En fait, je pourrais peut-être faire un compte-rendu de ma visite au salon... À méditer. Mais ce n'est franchement pas sûr. Bref, l'hiver est fini, le printemps est là, le pollen va pas tarder à me faire dormir en cours, donc nous allons parler lecture.

Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami : Ce bouquin est un putain de bon roman. Pour apprécier, il faut être un peu branché littérature et philosophie, quand même (il y a pas mal de discussions/exposés sur des auteurs, des conceptions philosophiques, tout ça. Si on n'est pas un minimum averti en la matière ou au moins prêt à apprendre des trucs, ça peut rapidement gonfler), donc ce livre n’est pas à refiler à n’importe qui. Et puis il faut accepter le fait qu'on ne va pas tout comprendre. Si le début commence d'une manière relativement classique (alternance de chapitres avec l'un ou l'autre des deux personnages principaux + des extraits de rapports de l'armée sur un événement surnaturel), la suite devient beaucoup plus... sinueuse. On garde toujours l'alternance de voix Kafka, Nakata, Kafka, Nakata, etc. mais l'histoire s'éloigne des sentiers battus. Au début ça raconte la vie quotidienne, puis on entre peu à peu dans le fantastique, si bien qu'on ne sait plus trop séparer le rêve de la réalité. Ce roman est bizarre. Il faut une certaine ouverture d'esprit pour y adhérer, je pense. Bon, c'est dur d'en parler, mais en gros vous aurez compris que j'ai adoré. Ah et les chats qui parlent, c’est énorme.

La Nuit des rois, de William Shakespeare : Bon, c’est sûr et certain, Shakespeare me gonfle. Je ne comprends rien à ces histoires de trucs qui se répercutent sur l’univers, les gens, les machins, gnagna (je parle de micro- et de macrocosme, la notion qu’on te sort obligatoirement dès qu’il est question de théâtre élisabéthain). Elle est plutôt sympa, dans le fond, cette histoire de frère et sœur jumeaux qui sont séparés par un naufrage, qui survivent, la fille se déguise en mec pour être auprès de celui qu’elle l’aime, le triangle amoureux, le quiproquo final parce que le frère se ramène et on les confond, mais en fait je suis dégoûtée du théâtre élisabéthain, j’en peux plus. C’est très constructif, on est d’accord !

Les Vestiges du jour, de Kazuo Ishiguro : Assez décevant, ce roman-là du monsieur. En fait, le personnage qui raconte son histoire n'est pas du tout attachant. Les gens guindés qui répètent sans cesse « je ne voudrais pas me vanter, mais… », « ne croyez surtout pas que je suis… », etc., ça me sort par les trous de nez. C’est le gros point noir du livre, parce que sinon l’histoire qu’il daigne nous raconter quand il ne s’étale pas sur les moments présents qui n’ont pas un grand intérêt à mes yeux est sympa : il gérait la maisonnée de Lord Darlington, un homme important de l’Angleterre pendant l’entre-deux-guerres et la guerre de 1939-1945. Lord Darlington a essayé d’aider l’Allemagne accablée par sa dette après sa défaite, puis s’est fait un peu embrigader par le régime nazi sans y adhérer complètement, et ça lui a valu un procès qu’il a perdu. Stevens revient sur les réunions que Lord Darlington organisait, la mort de son père, les devoirs d’un vrai majordome, ses relations avec Miss Kenton. En fait, c’est simple : quand il raconte le passé, c’est intéressant, et quand il raconte le présent, c’est ennuyeux jusqu’à ce qu’il parle enfin à Miss Kenton (bon, là vous ne comprenez pas tout mais tant pis, j’ai la flemme d’expliciter, c’est compliqué). Comme je le disais, le gros défaut du livre, à mon sens, c’est son personnage principal : je ne peux décemment pas apprécier un personnage qui a fait passer sa vie professionnelle avant sa vie privée (ou du moins à ce point). Mais j’ai bien compris pourquoi il a agi ainsi, hein. Donc voilà. Mais sinon c’est toujours bien raconté.

Sommeil, de Haruki Murakami : Haaan, c’était trop bien ! En plus, j’ai acheté l’édition 10/18 en papier glacé avec les illustrations en noir, blanc et gris de Kat Menschik. Je n’ai pas toujours bien compris pourquoi telle illustration était à tel moment du livre, mais tout est vachement beau. Pour en revenir à cette nouvelle (car c’est une nouvelle), c’est tout simple : une femme au foyer japonaise tout ce qu’il y a de plus banale perd tout d’un coup le sommeil. Ce n’est pas qu’elle est insomniaque ; elle n'a simplement plus sommeil, elle n'en a physiologiquement plus besoin. Alors elle redécouvre la lecture avec Anna Karénine, elle mange du chocolat, elle réfléchit, elle essaie d’occuper ses nuits comme elle peut vu que tout le monde dort sauf elle. Il n'y a pas d’action, juste des pensées, mais c’est incroyable comme Murakami réussit à happer le lecteur. J’ai un seul reproche : la fin. Qu’est-ce que c’est que cette fin ? Pourquoi elle s’est jetée dans la gueule du loup ? Est-ce que c’est un geste de désespoir ? Est-ce qu’elle recherche le sommeil au point de chercher un moyen définitif ? Ces quelques réflexions ne me sont pas venues immédiatement, ce qui fait que la fin, sur le coup, m’a paru vraiment très hermétique. Sinon, la vision qu’elle a en pleine nuit et qui lui fait perdre le sommeil est ultra flippante.

Lettres au Castor et à quelques autres, de Jean-Paul Sartre : J’ai mis environ trois semaines à lire le tome 1, c’est dingue. Du coup je n’ai pas eu le temps de lire beaucoup d’autres livres pendant la période de révisions, je suis frustrée. Mais ça valait le coup de lire ce pavé parce qu'on en apprend énormément sur la relation Sartre/Beauvoir. Il ne faut pas lire cette correspondance dans le but d’en connaître plus sur le philosophe et l’écrivain, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent (à la limite deux ou trois passages philosophiques où Sartre cite le carnet qu’il tient pendant la guerre et il parle régulièrement de l’avancement de ses nouvelles et de son roman, Les Chemins de la liberté (qui n’a pas encore ce nom-là), mais c’est tout). C’est principalement le récit de sa vie de tous les jours, presque dans les moindres détails. C’est fou le temps qu’il devait passer à écrire ses lettres. Parce qu’il ne faisait pas les choses à moitié, Sartre, il écrivait tous les jours à Simone de Beauvoir. Bref, donc, comme je disais, leur relation était hallucinante : en fait, chacun pouvait avoir les relations qu’il voulait avec autrui, ça ne gênait pas l’autre parce qu’ils se vouaient réciproquement une confiance aveugle et chacun savait qu’il comptait plus pour l’autre que n’importe qui d’autre. Leur relation était nécessaire, tandis que les autres étaient contingentes. Du coup c’est à se demander comment les autres le prenaient, mais bon. C’est assez bizarre de voir Sartre raconter au Castor ses histoires de cœur. Il se comportait comme un con, en plus. À part ça, j’ai bien ri à la lecture de ces lettres, il racontait parfois des scènes très drôles. Et puis son écriture est drôle, aussi, pas toujours intentionnellement : c’est le lecteur qui sait ce qu’il devient après qui rit de ce qu’il est au moment où Sartre écrit ses lettres (je ne sais pas si c’est très clair, m’enfin). Petit point négatif : les surnoms donnés à leurs amis. En faisant quelques recherches, j’ai pu re-situer certaines personnes, mais il y en a toujours qui restent un mystère pour moi.

Les mauvaises nouvelles, de Nicola Sirkis : C’est assez peu connu mais le chanteur d’Indochine écrit, c’est fou, hein ? Les mauvaises nouvelles, c’est 13 nouvelles pas si mauvaises que ça. Comme dans tous les recueils, il y en a des marquantes, d’autres moins. Le dessin qui fait la couverture est l’illustration de la nouvelle la plus énorme du recueil, à mon sens : Suicidal Tendencies. Je ne sais pas si c’est le but à la base, mais j’étais pliée de rire du début à la fin. C’est un jeune homme qui donne toutes les raisons qu’il a de se suicider. Comme ça, on se dit plutôt que c’est déprimant, mais en fait pas du tout. Dans la catégorie nouvelles drôles, citons également China Daily (un jeune couple débarque en Chine et perd ses valises, ce qui pose franchement problème parce que les règles de la copine se déclenchent. Le garçon va donc chercher désespérément l’ambassade de France pour se procurer des tampons d’une certaine marque. C’est hilarant.) et éventuellement Touch Gang ! (un garçon dont le but ultime dans les cinq prochaines minutes est de toucher la partie intime d’une demoiselle qui passe dans la rue), mais pas la fin. Dans la catégorie « nouvelles que je n’ai pas comprises », il y a L’ascenseur sans retour (je ne comprends pas pourquoi il n'arrive pas à retrouver la porte de l’ascenseur, pourquoi les femmes le repoussent juste parce qu’il est un peu crade, pourquoi il a peur que personne vienne le chercher) et Je n’embrasse pas (là je n’ai tout simplement rien compris). Les nouvelles dérangeantes : La chambre 9, Peep Show, Justine (à l’heure dite), peut-être aussi Viêt-nam Glam (en fait, je ne me souviens plus de cette nouvelle). Les nouvelles bof-bof : Chet Baker, Le Président Total Killer. Les nouvelles tristes : Le Train (classique mais bien quand même), Psychedelic Furs. Causons écriture, maintenant. Dans les chansons, on peut pardonner certaines tournures limites, on dira que ce sont des licences poétiques. Mais les nouvelles, c’est autre chose. En fait, c’est plus ou moins bien écrit selon les nouvelles et les moments. Par exemple, je trouve Suicidal Tendencies assez bien écrite, mais quand j’ai lu « le pointa vers lui dans sa direction, la direction de sa bouche », j’ai grogné. De temps en temps on a droit à des formules maladroites comme celle-là, c’est dommage. Voilà, c’est plutôt chouette, donc.

Histoire comique de Francion, de Charles Sorel : Comment dire… Sorel, c’est du Rabelais explicite. Voilà. C’est un roman du XVIIe siècle alors, forcément, on a du mal à apprécier la chose… Si vous avez lu Le Paysan parvenu, c’est un peu le même procédé : le héros raconte sa jeunesse et une partie de sa vie d’adulte. La P1 occupe la majeure partie du livre, mais de temps en temps on est à la P3 (pendant tout le premier livre, au début et à la fin de presque chaque livre et dans le dernier). En fait, c’est encore un bouquin où on pourrait s’amuser à étudier les points de vue (cf. mon délire sur La Reine des damnés d’Anne Rice dans mes lectures de l’hiver dernier). Bon, en fait ça me gonfle de parler de ce bouquin. Ce livre m’a paru looong (et encore, j’ai lu la première édition qui ne comportait que sept livres : dans la troisième il y en a douze !) et pas toujours très intéressant. Alors faisons simple : si vous aimez le XVIIe siècle, les romans d’apprentissage et les grivoiseries, foncez, mais sinon, fuyez.

En attendant Godot, de Samuel Beckett : Je l’ai lu il y a… un certain temps. Et je l’ai relu pour la fac. Et c’est très bien. Je n’avais pas bien tout compris à la première lecture, maintenant ça va mieux. J’ai remarqué, entre autres, que la pièce devait être drôle. C’est bête mais comme j’ai lu et non vu la pièce, on ne s’en rend pas forcément compte immédiatement, parce que l’humour est surtout dans les gestes que font les personnages, donc dans les didascalies, que je lis à contrecœur d’habitude. Bref bref, très bonne pièce. J’ai juste trouvé l’acte II un peu plus poussif que l’acte I.

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11 mars 2012

Les films Ghibli - la suite

Le Château de Cagliostro (1979, TMS)
Takahata : Ø / Miyazaki : realisation, storyboards, scénario
Han ! Le héros est d’une classe monstre. Il ressemble pas mal aux personnages à la mode dans les séries/films d’aujourd’hui : un gentleman un peu mystérieux dont le passé jaillit soudain en pleine face et qui réussit toujours à se sortir des pires situations.
Le Château de CagliostroLe début du film est un peu dur, les yeux sont agressés par des images « brusques » qui s’enchaînent sans grâce, comme s’il manquait des images à la pellicule. En plus, on commence par une situation totalement irréaliste : des voitures de police qui se désarticulent par une ruse de Wolf (ou Vidocq ou Edgar, selon le doublage). Heureusement l’image semble s’améliorer et nous voilà dans la voiture remplie de billets de Wolf et son pote barbu. Plusieurs péripéties palpitantes plus tard, pendant laquelle Wolf a couru au secours d’une belle demoiselle, récupéré une bague et fait grimper sa voiture sur une pente à 75 degrés, Wolf est de retour dans un endroit qu’il a fréquenté jadis, un château tombé en ruine, et se trouve légèrement mélancolique. Le barbu lui tire les vers du nez et on apprend que la famille Cagliostro, séparée en deux branches depuis 500 ans, dont fait partie la belle demoiselle, possède un grand trésor. Ils s’infiltrent donc dans le château de l’autre famille Cagliostro, dirigée par un méchant comte qui veut épouser la belle demoiselle, afin d’annuler le mariage (parce que Wolf est un don juan) et de voler le trésor au nez et à la barbe du méchant comte, qui le convoite également.
Faisons une pause sur l’architecture du château. Quand on est comme moi un peu fana du dessin animé Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault, on est tout content de voir que ce château-ci fait de gros clins d’œil à celui du roi Charles Cinq et Trois font Huit et Huit font Seize. Dès le début, on voit un ascenseur monter, avec vue sur les grandes douves du château, et une passerelle se déployer jusqu’à une tour ressemblant étrangement aux appartements royaux du Roi et l’Oiseau… Sans compter d’innombrables passages secrets et petits mécanismes qui permettent de se débarrasser, via des trappes dans le sol, des individus indésirables.
On a également droit à un gros clin d’œil (ou si ça n’en est pas un ça y ressemble fortement) au film Les Temps modernes de Chaplin, puisque, lorsque Wolf s’infiltre dans le château, il est emporté dans les rouages de la grande horloge. La bataille finale entre Wolf et Cagliostro a aussi lieu dans l’horloge, d’un rouage à l’autre (et là j’ai pensé à Basil, détective privé, mais c’est anachronique, le film étant sorti en 1986).
Après moult aventures, on découvre des dessous politiques auxquels on ne se serait pas attendus dans un dessin animé : c’est une histoire de fausse monnaie répandue dans plusieurs pays par Cagliostro et de personnalités importantes d’Interpol qui empêchent l’inspecteur Zenigata de révéler la supercherie.
Bref, ce dessin animé déchire.

Kié, la petite peste (1981, Tokuma Shoten, Hakuhoudou)
Takahata : mise en scène, réalisation / Miyazaki : Ø
C’est « moins pire » que Le Chat botté parce que le fond est intéressant et que le film est plus adulte, mais Kié, la petite peste n'est clairement pas dans mes favoris.
Déjà, graphiquement, ce n’est pas terrible. Le film est sorti en 1981, alors forcément ce n’est plus tout à fait fringant, mais au-delà de ça j’ai du mal à comprendre pourquoi chaque personnage a toujours une goutte de transpiration/exaspération sur la tempe et pourquoi ils ont tous des oreilles en feuille de chou.
Ensuite, niveau histoire, le fond n'est pas dénué d’intérêt, comme je le disais plus haut, mais il faut s’accrocher parce qu’il est un peu noyé dans des situations qui n’ont pas une cohésion folle. Ҫa m’a paru un peu décousu, quoi. On ne sait pas trop combien de jours (semaines ?) s’écoulent entre chaque situation, par exemple.
Niveau fond, donc, le speech c’est que Kié, la petite pesteles parents de Kié sont séparés. Elle le vit relativement mal mais elle tente de faire face : elle essaie (avec peine) d’avoir de bonnes notes à l’école tout en s’occupant du restaurant de son imbécile de père irresponsable qui passe son temps à parier de l’argent au jeu et à s’attirer des ennuis. Le principal ressort de l’histoire – la séparation douloureuse de ses parents – est surtout présent à la fin du film. C’est là qu’on commence à comprendre certaines choses. Par exemple, le fait qu’elle ait appelé « Kotetsu » le chat qu’elle a rencontré (oui, parce qu’il y a une histoire bizarre avec un chat qui en bastonne un autre et cet autre meurt parce qu’il avait perdu une de ses coucougnettes dans la bagarre et ensuite son fils se ramène pour se venger et blablabla) n'est pas anodin : si mes déductions sont exactes, « ko » signifie « petit », et Tetsu est le nom de son père, on peut donc penser qu’elle a appelé « petit Tetsu » ce chat qui la protège des ennuis comme devrait le faire son père. Du père et de la fille, c’est la fille est qui est la plus adulte : c’est elle qui règle les problèmes de son père (elle réussit à rendre gentils les hommes à qui le père devait de l’argent, il faut le faire, quand même), qui se comporte comme une sale gosse pour que ses parents se reparlent, etc. À la fin du film, les parents sont de nouveau ensemble parce que l’instituteur qui était le garant de Tetsu est venu lui donner quelques gifles, mais la situation n’est pas rose pour autant puisque Tetsu n’apprécie pas beaucoup le retour de sa femme (alors qu’il voulait qu’elle revienne : oui, cet homme n’est jamais content).
Bref, un film que les enfants d’une dizaine d’années peuvent voir, ainsi que les fans de Ghibli. Ah, et ne regardez pas la VF, elle n'est pas terrible.
 
Goshu le violoncelliste (1982, Ô-Production)
Takahata : mise en scène, réalisation / Miyazaki : Ø

Goshu le violoncelliste
Ce film d’une heure est adapté d’une nouvelle de Kenji Miyazawa que je n’ai pas lue. Voilà qui est dit.
C’est l’histoire d’un jeune violoncelliste, Goshu (ou Gauche), qui se fait un peu taper sur les doigts par le chef de l’orchestre dont il fait partie parce que son violoncelle est mal accordé, qu’il ne va pas assez vite, tout ça tout ça. Une fois rentré chez lui, plusieurs animaux viennent le voir – un chat, un coucou, un tanuki, une souris accompagnée de son souriceau –, un par nuit, et lui apprennent chacun quelque chose d’essentiel. À la fin, Goshu est acclamé lors de la représentation à la fois par le public et par les autres membres de l’orchestre.
Dans l’ensemble j’aime bien ce conte initiatique, sauf le début pour une raison très bête : je n’aime pas la musique (La Chasse au tigre du Bengale) que Goshu joue au chat. Et, comme par hasard, c’est celle qu’il joue seul devant le public à la fin. Mais à part ça j’adhère complètement au message que chaque animal fait passer au violoncelliste : le chat lui apprend à exprimer ses sentiments, le coucou lui apprend la rigueur (ce moment-là est assez hypnotique, d’ailleurs), le tanuki lui apprend le rythme (assez hypnotique aussi et très joli) et la souris lui apprend à s’ouvrir aux autres.
Pas grand-chose à dire sur ce petit film. Il est chouette.


C'est pour l'instant le dernier article dans lequel je regroupe les critiques de plusieurs films des deux compères parce qu'elles ne sont pas trop longues, mais ensuite ça devient du lourd donc je ferai un article = une critique. Quant au prochain article, il me semble bien que ce sera sur mes lectures de l'hiver qui sont moitié bien (parce que j'ai lu de la bombe) et moitié pas bien (parce que c'est des lectures pour la fac).

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10 février 2012

Bilan alphabétique de 2011

Mesdames et messieurs, c'est un drame. J'ai été taguée. Comme je suis un être faible, je vais me faire un devoir de perpétuer cette tradition bloguesque.

J'ai été taguée par Anassete. Le but du jeu, c'est de faire le bilan alphabétique de l'année 2011.

A comme Amitiés
B comme Balades
C comme Cadeaux
D comme Doctor Who
E comme Ecriture
F comme Franky Knight
G comme Grec
H comme Haruki Murakami
I comme Inquiétudes
J comme Juillet
K comme ???
L comme Latin
M comme Manque
N comme Nicola Sirkis
O comme Obsessions
P comme Piano
Q comme Quand nous étions orphelins
R comme Rêves
S comme Studio Ghibli
T comme Tarte au citron
U comme Université
V comme Vélo
W comme Walt Disney
X comme X-tra relou à trouver
Y comme Y en a marre!
Z comme Zénith

Pfiou, c'était dur de trouver un mot pour chaque lettre... J'ai rempli comme je pouvais (d'où le "X-tra relou à trouver" xD). Donc, globalement, une année marquée par les livres, les films, la musique, la fac, les amies et des trucs personnels. Je ne tague personne.

Tant que j'y suis, j'ai mis à jour les liens sur votre droite: j'ai supprimé des blogs parce que les gens ne postent plus depuis longtemps et j'en ai ajoutés parce que ça fait un moment (ou pas) que je les suis.

Posté par Naelle Moon à 14:53 - Naëlle raconte sa vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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