La passionnante vie de Naëlle

Bon faut bien le dire, le titre de ce blog c'est de la publicité mensongère, ma vie est tout sauf passionnante. Mais je peux pas m'empêcher de la raconter, j'y peux rien!

09 mai 2013

Tag : 11 auteurs

J’ai l’impression de passer plus de temps à répondre à des tags qu’à rédiger de vrais articles… Vilaine moi. Voici donc le tag en question : faire la liste de 11 auteurs qui nous ont fait grandir. J’ai été taguée par Françoise Grenier Droesch, une copine de forum.

J.K. Rowling
Elle est incontournable pour bon nombre de personnes – dont je fais partie – qui ont grandi en même temps qu’Harry Potter. C’est elle qui m’a donné le goût de la lecture, j’avais 11 ou 12 ans et le deuxième film était sur le point de sortir, je crois. J’ai tout dévoré jusqu’au tome 4, puis j’ai attendu impatiemment le tome 5, je me suis fait spoiler la mort de Sirius (je n’ai pas pu me concentrer pendant toute l’heure d’histoire qui suivait, c’est dire si j’ai été choquée), j’ai failli pleurer à la fin du tome 6, j’ai relu plusieurs fois le tome 7 avant d’être absolument sûre que non, je ne me suis pas trompée, ce dernier tome est chiant à souhait.

Haruki Murakami
Je l’ai découvert assez récemment mais je me suis déjà enfilé 6 ou 7 de ses livres. Une révélation pour moi, parce qu’il aborde des thèmes universels, qui touchent beaucoup de personnes, comme la recherche de soi, de l’âme sœur, le monde de fous dans lequel on vit, tout ça. J’aime aussi beaucoup comment le rêve et la réalité se confondent au point de ne plus savoir où on est (cf. Kafka sur le rivage ou, si vous êtes du genre tenace, la trilogie 1Q84).

Raymond E. Feist
Feist a écrit beaucoup de choses mais je n’ai lu que La Trilogie de l’empire et Krondor : la guerre des serpents. C’est la Trilogie de l’empire qui a été une claque parce que, pour la première fois, je lisais une histoire dans laquelle l’héroïne ne se laissait pas du tout marcher sur les pieds. J’ai adoré tous les complots politiques et les ruses qu’imagine Mara (l’héroïne) pour protéger sa terre et ses gens et s’élever tout en haut de l’échelle.

Kazuo Ishiguro
Auprès de moi toujours est un putain de roman. À la fin, j’avais très envie de pleurer. Ҫa parle de la vie, de la mort et c’est bouleversant. (C’est très instructif, comme commentaire, hein ?)

Edmond Rostand
Là, je copie un autre copain de forum, Didier Fédou. J’ai lu Cyrano de Bergerac en 4e et ç’a été le coup de foudre. Quand on lit cette pièce, on dirait que l’auteur a écrit ça d’un coup, avec facilité. Ҫa glisse tout seul et pourtant c’est des vers, ça pourrait être un peu ardu, avec des inversions à la Racine, tout ça. Sauf que non, c’est limpide, on ne dirait pas qu’on lit des vers. C’est limpide et c’est drôle, beau, émouvant. Cyrano a un charisme fou. Sa tirade du nez est cultissime et j’éprouve une certaine sympathie pour la ballade où, à la fin de l’envoi, il touche. Bref, si je devais écrire une pièce en vers, ce serait une pièce comme ça.

Primo Levi
Si c’est un homme, évidemment. Qui montre bien la nature humaine. Le poème est à pleurer.

Odile Weulersse
Une auteur de romans historiques pour la jeunesse. À un moment, j’ai eu dans ma bibliothèque tout ce qu’elle avait écrit. C’est avec elle que j’ai découvert, dans L’Aigle de Mexico je crois, que les histoires ne se terminent pas toujours bien. Une grosse claque pour la gamine naïve que j’étais.

Annie Jay
À la poursuite d’Olympe est le premier livre que j’ai relu plusieurs fois. C’est aussi le livre de jeunesse qui a éveillé ma passion pour la période de Louis XIV. J’ai lu un tas de livres sur cette période, par la suite, aussi bien en jeunesse qu’en adulte : Complot à Versailles (sympa) de la même auteur, Les Colombes du Roi-Soleil (bof) dont le nom de l’auteur m’échappe, La Fontainière du Roy et sa suite Les Ombrelles de Versailles de Jean Diwo (très bien), L’Insoumise du Roi-Soleil de Jean-Michel Riou (un peu trop philosophique pour l’âge que j’avais, mais très bien). En plus, ce que j’aimais bien avec l’héroïne, c’est qu’elle est dégourdie.

Alfred Musset
Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi j’aime Musset ni ce qu’il m’a appris. Je me souviens d’avoir eu un coup de cœur pour Les Caprices de Marianne. Marianne était insupportable, mais j’aimais bien ses deux amoureux, surtout Coelio.

Diana Wynne Jones
Je n’ai lu d’elle que Le Château de Hurle, qui a inspiré Le Château ambulant. C’est bien écrit, drôle, imaginatif, original, beau, palpitant, et je pourrais continuer longtemps. Hurle et Sophie sont vraiment des personnages à part, comme on en voit peu. « Quand je serai grande, je veux être comme elle ! »

Chrétien de Troyes
J’ai peiné à le trouver, ce dernier auteur. Mais en fait je me suis rendu compte que j’ai un souvenir assez précis de chacun de ses romans, même s’ils ne m’ont pas tous passionnée. J’ai été impressionnée par sa capacité à dire plusieurs choses qui peuvent sembler contradictoires en l’espace de quelques vers (on sent le cours de littérature, là ? C’est normal).

Et voilà, c’est fini ! Je tague Anassete, Flora, et c’est tout vu qu’Acid-Brain est une feignasse ! :D

Posté par Naelle Moon à 22:07 - Naëlle raconte sa vie - Commentaires [5] - Permalien [#]
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29 mars 2013

Lectures de l'hiver

Je suis en retard d’une semaine, oui, je sais. Mais, comme d’habitude, je me suis mise à rédiger mes commentaires à la dernière minute. Donc j’ai galéré à me souvenir de tout ce que je voulais dire et, une fois de plus, ça m’apprendra à ne pas rédiger dès la fin de la lecture. Attention, cet article spoile beaucoup.

Le Secret de Ji, intégrale volume 2
Pierre Grimbert

Étant donné que j’ai déjà donné un résumé de l’histoire et un avis sur l’univers, je n’ai plus qu’à parler de la fin.

Malgré les défauts déjà cités, j’étais passionnée par la chose. Mais j’ai quand même grincé des dents lorsque j’ai vu que les personnages partaient chacun de leur côté pour se comporter d’une manière tout à fait héroïque (comprenez « débile ») : Rey s’en va tranquillement en territoire ennemi dans l’idée de tuer le grand méchant. Logique. Tout aussi logique le fait qu’il ne soit qu’emprisonné et non tué une fois sa tentative avortée. Encore plus idiot : Lana et Corenn qui veulent parlementer et se rendent toutes les deux devant Saat. C’est beau, la naïveté. Évidemment, tout ça échoue. En fait, on a l’impression que l’auteur ne voyait pas comment rassembler tous ses personnages à l’endroit de la bataille. Heureusement que les autres sont là pour agir utilement. Fin décevante, aussi, parce qu’elle finit de manière assez abrupte et nous dit, en gros : « Allez, rendez-vous au prochain cycle, hein ! »

Bref, mis à part ces petits bémols, j’ai bien aimé ce volume 2 et Le Secret de Ji en général, même si ce n’est pas non plus inoubliable.

Les Enfants de Ji, intégrale volume 1
Pierre Grimbert

Du coup, en bonne poire que je suis, j’ai enchaîné avec Les Enfants de Ji (intégrale volume 1), que j’ai sur mes étagères depuis des années. C’est du même niveau que Le Secret de Ji, mais en moins drôle et avec moins de suspense.

L’histoire est globalement la même : les héros du Secret de Ji sont enlevés mystérieusement, laissant leurs enfants (ceux qui portent les pendentifs qui protègent contre les pouvoirs des dieux) dans le flou total et en danger parce que des tueurs sont à leur poursuite. Notez qu’il n’est pas venu une seule fois à l’esprit des parents de révéler leur histoire à leurs enfants alors que la menace de la fin de la saga précédente était toujours là. Bref.

C’est bien qu’il y ait moins de suspense (on connaît déjà l’histoire des parents, on sait donc déjà qui est derrière cet enlèvement), parce qu’au bout d’un moment c’est lassant. C’était drôle au début, avec la rivalité entre Amanon et Keb pour Eryne (insupportable au début, soit dit en passant), mais par la suite ce petit jeu devient lourd. Le béguin de Keb pour Eryne est mal amené et pas franchement crédible. Cael est casse-pied, à se lamenter sans cesse. Zejabel n’a pas franchement l’air d’avoir lutté toute sa vie pour devenir la meilleure tueuse züe au monde, mais en dehors de ça c’est un personnage sympa. J’aime bien Niss et Nolan, sinon.

Donc bref, des personnages assez intéressants mais pas toujours bien développés, et une intrigue qui tient la route, même s’il y a des raccourcis sur la fin.

(Oui, j’ai totalement bâclé cette critique… Ҫa fait un moment que j’ai lu ce livre.)

Park Life
Shuichi Yoshida

J’avais a-do-ré Parade, du même auteur. C’est rare que j’aie un coup de cœur comme ça sur un livre. Alors forcément, j’attendais beaucoup de ce court roman.

L’histoire se déroule à Tokyo, plus précisément dans le parc de Shibuya et un ou deux autres espaces verts. Le narrateur est anonyme : c’est écrit à la première personne, le personnage ne se présente jamais et on ne l’appelle jamais par son nom. Il en va de même pour la femme qu’il rencontre.

Ce roman reste très distant par rapport aux personnages parce que c’est le parc de Shibuya qui est le véritable personnage principal (d’où le titre). En fait, « je » et « elle » sont les deux personnes que l’auteur a choisi de suivre, mais ç’aurait très bien pu être le monsieur qui fait voler son avion, les gens qui font leur jogging ou les clochards. L’auteur voulait montrer la vie qui s’écoule dans le parc.

Résultat, je n’ai pas bien saisi l’intérêt du roman et je n’ai pas accroché. Déception, donc.

Le Musée du silence
Yoko Ogawa

Rappelez-vous, j’avais adoré Cristallisation secrète. Une tension s’était installée tout doucement et ne m’avait pas lâchée jusqu’à la fin.

Un muséographe est chargé de créer un musée pour entreposer les objets volés aux morts du village reculé où vit la vieille dame-voleuse qui l’embauche. Avec la fille adoptive de cette vieille dame, le muséographe commence à recenser tous les objets et leur histoire auprès de la vieille dame. Il est aussi chargé de voler un objet aux gens qui viennent de mourir, car ce n’est plus de l’âge de la vieille dame. Peu à peu, le muséographe va se rendre compte qu’il ne pourra plus repartir.

Je n’ai pas tellement accroché, sûrement parce que je n’ai pas saisi tous les tenants et aboutissants. Tout ça me paraissait trop distant (la jeune fille reste un personnage assez énigmatique et il ne se passe rien, alors que le personnage principal semble avoir une certaine attirance pour elle) et à aucun moment l’action ne décolle. Dans Cristallisation secrète aussi, dans un sens, mais en fait non, parce que dans Cristallisation secrète la pression monte progressivement et que certains événements créent l’angoisse (le moment où ils sont à la gare avec des objets disparus et qu’il y a un contrôle, les disparitions particulièrement embêtantes comme la jambe). Dans Le Musée du silence, les morts arrivent régulièrement mais elles ne rythment pas le récit (je veux dire par là qu’elles n’ont pas vraiment d’importance pour/répercussion sur le personnage principal). Certains sujets ne sont qu’esquissés, aussi. Par exemple, on ne sait pas vraiment pourquoi le jardinier tue ces jeunes femmes ni pourquoi ça ne choque personne, sa relation avec sa mère est vite évacuée…

Voilà pour les points noirs. Sinon, je trouve la vieille dame et ses descriptions assez comiques (son dentier qu’elle remet en place, sa canne qu’elle secoue dans tous les sens), je ne sais pas si c’était voulu. Mais en tout cas quelle image elle donne de la vieillesse ! Ce n’est vraiment pas très ragoûtant, de ce point de vue-là l’auteur a bien réussi son personnage !

En somme, ce livre ne m’a fait ni chaud ni froid. J’ai attendu tout le long qu’il se passe quelque chose mais rien n’est venu.

Iliade
Homère

Je m’étais promis de lire Homère un jour parce qu’on ne peut décemment pas faire des études littéraires et ne pas l’avoir lu (vu tous les auteurs qui s’inspirent d’une manière ou d’une autre de lui). L’erreur est aux trois-quarts réparée (parce que j’ai lu une version abrégée de l’Odyssée, quand j’étais au collège).

Tout le monde connaît à peu près l’histoire : Achille est en colère parce qu’Agamemnon lui a pris Briséis, une de ses captives. Pour lui faire comprendre son erreur, Achille refuse d’aller combattre les Troyens qui, du coup, ont l’avantage grâce à Hector qui exhorte tout le monde au combat. Voyant la déroute subie par les Achéens, Patrocle propose à Achille de se rendre sur le lieu de la bataille avec les armes d’Achille pour faire reculer les Troyens. Patrocle meurt, achevé par Hector, Achille est dévasté, tout le monde pleure et s’arrache les cheveux. Achille veut se venger et demande à sa mère de lui trouver de nouvelles armes. Héphaïstos lui forge le fameux bouclier, puis Achille se lance dans la bataille et crée la débandade dans l’armée ennemie. Les Troyens rentrent dans la ville mais Hector reste pour affronter Achille, qui le tue et le ramène au camp grec en le traînant derrière son char. Il organise les funérailles de Patrocle et des jeux en son honneur, puis Priam vient en personne récupérer le corps de son fils. Achille accorde douze jours de répit aux Troyens pour célébrer ses funérailles.

Comme j’ai vu le film Troie, j’ai eu plusieurs surprises en lisant cette épopée. 1) L’épopée a beau s’appeler « Iliade », elle ne raconte pas la chute de Troie (quoique, avec la mort d’Hector, la chute de Troie est assurée) mais la colère d’Achille. 2) Les hommes sont les pantins des dieux. Achille sait qu’il va mourir mais ça n’a pas l’air de le perturber plus que ça. 3) Le rythme est étrange. En lisant le résumé que je viens de faire, on s’attendrait à ce qu’Achille et Patrocle entrent rapidement en scène. Sauf qu’à partir du moment où Achille dit : « Puisque c’est comme ça, je vais bouder dans ma tente », on ne le voit quasiment plus jusqu’au chant 16 (sur 24) où Patrocle lui demande s’il peut aller se battre pour aider les Achéens. À la fin du chant 16, Patrocle est déjà mort. Chant 18, Héphaïstos forge les nouvelles armes d’Achille. Chant 22, Achille tue Hector. Avant le chant 16, on voit donc essentiellement des combats entre les héros achéens (les deux Ajax, Ménélas, Agamemnon, Ulysse, etc.) et les héros troyens (Énée, Hector, etc.) Je dois avouer que ça m’a un peu ennuyée. Heureusement, les interventions des dieux animaient le tout.

Franchement, l’Iliade, c’est classe. Accessoirement, je ne sais pas si des chercheurs se sont amusés à relever tous les personnages cités et à les classer, mais ça serait très intéressant.

1Q84
Haruki Murakami

Pour plus de commodité, je vais parler des trois livres en une seule critique, étant donné que je les ai enchaînés.

La trilogie se découpe en chapitres centrés tantôt sur Aomamé, tantôt sur Tengo. Dans le troisième livre s’ajoute le point de vue d’Ushikawa, qui enquête sur les deux premiers. Le roman commence lorsqu’Aomamé, coincée dans un taxi sur une autoroute complètement embouteillée de Tokyo, décide de prendre l’escalier de secours pour rejoindre une gare et pouvoir ainsi se rendre à son rendez-vous. Mais en empruntant cet escalier, Aomamé passe dans un autre monde, qu’elle finit par appeler « 1Q84 ». Tengo, de son côté, est un prof de mathématiques qui écrit des romans à ses heures perdues mais qui n’a encore jamais été publié. Komatsu, un éditeur qu’il connaît, lui confie la réécriture de La Chrysalide de l’air, un roman écrit par Eriko Fukada (pseudonommée Fukaéri), mystérieuse jeune fille de 17 ans. Sans le savoir, Aomamé et Tengo, qui ne se sont pas revus depuis leurs 10 ans, se sont attaqués à une même entité, la secte des Précurseurs.

Sans aucun doute, la trilogie de Murakami est ambitieuse. L’auteur parle des sectes, des violences faites aux femmes et des viols de fillettes tout en abordant ses thèmes récurrents, c’est-à-dire la recherche de l’âme sœur, la réalité et le rêve, tout ça.

Mais il y a un problème, et de taille. L’auteur se répète beaucoup, beaucoup trop. Et croyez bien qu’on se coltine toutes les sortes de répétition :

1) Les répétitions d’un livre à l’autre voire d’un chapitre à l’autre.
Du fait des différents points de vue, on a droit aux réflexions de chaque personnage sur l’énigme à laquelle ils font face. Dans le premier livre, on fait à Tengo l’historique de la secte des Précurseurs et Aomamé se rend compte qu’elle n’est plus dans son monde d’origine (« dans le ciel brillaient deux lunes »). Dans le deuxième, Aomamé découvre à son tour ce que cache la secte et dans le troisième, Tengo se rend compte que le monde est différent et l’appelle « La Ville des Chats ». Dans le troisième toujours, Ushikawa, sorte de détective véreux, nous parle de l’enfance de Tengo et Aomamé qu’on connaît déjà, fait des suppositions sur ce qui a poussé Aomamé à faire ce qu’elle a fait à la secte (je ne peux rien dire sans spoiler) alors qu’on connaît déjà tout ça et il finit lui aussi par s’apercevoir qu’il y a deux lunes dans le ciel. L’auteur répète aussi souvent le quotidien tout ce qu’il y a de plus banal de Tengo et Aomamé.

2) Les répétitions en début et fin de paragraphe.
Je l’avais déjà fait remarquer à propos d’Au sur de la frontière, à l’ouest du soleil. Le pire que j’ai vu, c’est la construction suivante : « Tengo faisait cela tout en pensant à ceci. Une question. Voilà à quoi pensait Tengo pendant qu’il faisait cela. » Alors ok, ça fait un chiasme, mais c’est quand même ultra répétitif et je ne vois pas ce que ce chiasme apporte.

3) Les répétitions de mots.
Dans certains cas, c’est peut-être la faute de la traduction, ou alors on ne pouvait pas traduire autrement, je ne sais pas : le verbe « être » revient très, très, très souvent. Il y a également pas mal de verbes faibles (bon, ça, c’est peut-être parce que je suis en mode bêta-lectrice). Dans d’autres cas, c’est clairement la faute de l’auteur. Je me souviens par exemple d’un paragraphe de 6 ou 7 lignes dans lequel l’auteur enchaîne les phrases averbales et répète à chacune d’elles le mot « main » : c’est très lourd.

Le deuxième problème de cette trilogie, c’est ses idées. Comme je l’ai dit plus haut, les thèmes étaient prometteurs. Quand la vieille dame révèle à Aomamé ce qui est arrivé à Tsubasa, la fillette de 10 ans, le lecteur est mal à l’aise voire écœuré par tant d’horreurs et de souffrances. Quand la vieille dame explique à Aomamé ce qui est arrivé à sa fille et ce que certains hommes ont fait subir aux femmes que la vieille dame recueille, on n’en mène pas large non plus. Mais ça ne va pas plus loin, parce que tout le pan fantastique de l’œuvre reste inexpliqué. Murakami sème des mystères et ne les résout pas. Au final, on ne sait pas vraiment ce que veulent faire les Little People, ce qu’ils représentent. (Moi, ils me font penser aux sept nains de Blanche-Neige, mais allez trouver une signification à ça… !) On ne comprend pas ce qui a bien pu se passer dans la tête du leader pour qu’il devienne un monstre. Le professeur Ebisuno ne réapparaît plus une fois qu’il a expliqué la formation des Précurseurs à Tengo, comme s’il n’était là que pour apporter des informations essentielles au bon déroulement de l’histoire. On ne saisit pas pourquoi une espèce de collecteur fantôme de la NHK frappe à la porte de Tengo, Aomamé et Ushikawa, même si on se doute qu’il s’agit du père de Tengo, qui continue, dans sa monomanie, de frapper aux portes malgré le fait qu’il soit à la retraite et, de surcroît, dans le coma. On ne comprend pas le rôle qu’a la petite chose qu’abrite Aomamé. Tengo n’apprend pas ce qui est vraiment arrivé à sa mère (heureusement qu’Ushikawa est là pour nous en donner les grandes lignes) et ce que sa vision représentait (même si on en a une petite idée).

Je pourrais continuer mais ce sont les principales questions. Troisième et dernier reproche, qui dépend des sensibilités de chacun, c’est le fait que Tengo et Aomamé ne se rejoignent qu’à la toute fin. Plusieurs fois dans les tomes deux et trois, ils se ratent de peu. Ҫa énerve bien comme il faut. Mais le pire, c’est qu’il suffirait de peu de chose pour qu’ils se retrouvent. Sauf que pas une seule fois il ne leur vient à l’idée de, au hasard, laisser un mot que seul eux deux peuvent comprendre dans chaque boîte aux lettres de chaque immeuble du quartier. Cette attente de la rencontre donne envie de continuer le livre mais en même temps nous rend insupportables toutes les introspections des personnages.

Il reste – il faut bien quelques points positifs, tout de même – que Tengo et Aomamé sont attachants (cela dit, Aomamé m’énerve à partir du tome 3, elle devient limite gnangnan. On dirait qu’elle se liquéfie dès qu’elle apprend qu’elle est enceinte). Et j’aime bien Tamaru, l’espèce de garde du corps de la vieille dame. Ushikawa est absolument insupportable du point de vue de Tengo mais, quand on est de son point de vue à lui, ça va mieux. Par rapport aux liens entre Aomamé et la vieille dame et Aomamé et Tengo, je trouve qu’Ushikawa arrive aux bonnes conclusions un peu trop rapidement, mais bon. Le tome 1 commençait bien et, s’il fallait donner un ordre de préférence, ce serait celui-là qui l’emporterait. Le chauffeur qui dit que si Aomamé commence à sortir des sentiers battus, son monde risque de changer du tout au tout, c’est excellent. Les deux lunes sont bien trouvées.

BREF. En conclusion, cette trilogie donne l’impression que Murakami a écouté son éditeur qui lui aurait dit quelque chose du genre : « Pour gagner beaucoup d’argent et ce foutu Nobel de littérature, ce serait bien que tu les achèves avec une trilogie. » Et Murakami, naïvement, a obéi et pondu une trilogie assez ratée. Bons thèmes, personnages réussis, mais intrigue qui tombe à plat par manque de suite dans les idées, ce qui est fatal pour le ressenti final. (Et là, ça se voit que j'ai rédigé mon commentaire juste après avoir fini la trilogie ?)

À la prochaine, mes petits lapins de Pâques !

24 février 2013

Conte - L'Homme ronchon

Il était une fois un homme ronchon. N’importe quel événement un tant soit peu insignifiant constituait un motif de ronchonnerie. Le train avait du retard ? Il ronchonnait. Ses pâtes étaient froides ? Il ronchonnait. Son réveil sonnait à l’heure convenue ? Il ronchonnait. Bref, l’homme ronchon n’en finissait pas de ronchonner. Comble du malheur, l’homme ronchon habitait dans un immeuble. Et qui dit immeuble dit voisins, et qui dit voisins dit nuisances sonores. Notre homme était tranquillement assis dans son canapé, à ronchonner devant la télé qui débitait un tissu d’insanités, quand soudain il fut dérangé dans ses occupations ronchonnières par la voisine du dessus. Elle se disputait avec sa mère. Encore. Et elles criaient, hurlaient, vociféraient. Fortement incommodé, notre homme n’hésita pas à communiquer sa mauvaise humeur aux intéressées.

– C’est pas bientôt fini, ce boucan ! cria-t-il en jetant un regard courroucé vers le plafond, comme si ce dernier y était pour quelque chose.

Sa plainte ne fut semble-t-il pas entendue, car les deux femmes continuèrent de se disputer sans baisser le volume. L’homme ronchon en avait assez. Il voulait quitter cet appartement et partir loin, très loin ! Là où personne ne viendrait le déranger.

L'homme ronchon acheta une maison à la campagne. Mais le même manège recommença. Cette fois-ci, les voisins n’étaient pas en cause : il n’y en avait pas à moins de cinquante mètres. Non, le vrai problème venait de la maison, car elle abritait une tribu de souris qui se faisait une joie de courir le long des murs lorsque notre homme avait le dos tourné et de faire des trous dans tous ses paquets de céréales, de pâtes et autres aliments secs dont les souris raffolent. Notre homme ronchonna de plus belle. Il ne serait donc jamais tranquille !

L’homme ronchon décida de se faire ermite. De nos jours, ce n’était plus une activité très répandue mais, au moins, les chevaliers avaient disparu depuis longtemps. Il ne serait pas dérangé. Mais le même manège se produisit à nouveau. Notre homme se plaignait des oiseaux qui chantaient, des sangliers qui venaient labourer la terre près de sa cabane, des écureuils qui avaient élu domicile sur son toit et couraient à toute patte avant de sauter sur la branche de l’if qui osait faire de l’ombre à notre homme. Pour finir, des hommes vinrent couper les arbres, dont l’if, autour de sa cabane avec leurs tronçonneuses bruyantes. Il n’aurait donc jamais la paix !

L’homme ronchon s’exila donc au Pôle Nord. S’il était dérangé dans cette grande étendue glacée désertée de presque toute vie, alors il n’avait vraiment pas de chance. Il mourut de froid.

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19 janvier 2013

Tomber de Charybde en Scylla

Les partiels, c'est fini!

Gif vieillard Le Bossu de Notre-Dame

Maintenant, je dois revoir mon plan de mémoire et l'introduction pour dans deux jours!

 

Note: Gif volé ici.

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12 janvier 2013

Tag - questionnaire

Anassete m’a taguée, donc je vais consciencieusement répondre à ce questionnaire.

1. Es-tu une acheteuse compulsive de livres ?
Plus ou moins. C’est-à-dire que, la plupart du temps, je sais me contenir mais que, parfois, je me laisse totalement aller et je dépense beaucoup en une seule fois. Au Salon du Livre 2012, par exemple, j’ai dépensé plus de 100 € en romans japonais… En fait, j’ai commencé à me restreindre quand j’ai constaté que les achats faits sur un coup de tête se révélaient généralement décevants. Pour le Salon du Livre, j’avais fait une liste préalable des auteurs intéressants et j’ai pris un roman de chaque.

2. À quelle fréquence achètes-tu des livres ?
Euh… Si les achats pour la fac comptent, on va dire tous les mois. Sinon, c’est tous les deux ou trois mois, si aucun livre vraiment attirant ne me fait de l’œil.

3. As-tu une librairie favorite ?
À vrai dire, je vais très peu dans de vraies librairies. Je suis entrée dans une librairie anglaise dans une petite rue du Quartier Latin, il n’y a pas très longtemps. C’était totalement dingue : dans cette librairie, les livres s’empilent véritablement jusqu’au plafond. Il faudrait que j’aille la prendre en photo… Mais je suis nulle en anglais, alors je ne peux pas dire que c’est ma librairie favorite. On va dire Gibert Joseph, même si c’est une grande surface culturelle.

4. Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ?
Les deux. Je suis souvent accompagnée mais y aller seule me plaît tout autant, voire plus : comme je suis du genre copine-poule, à toujours garder un œil sur mes amies pour pouvoir les retrouver rapidement si on décide de changer de coin, je suis souvent distraite dans mes lectures de 4e de couverture et j’évite de m’éloigner trop… Enfin, ça, c’était surtout l’année dernière, maintenant on est toutes éparpillées T_T
Le problème, quand je suis seule et que je reste trop longtemps dans une librairie à examiner tous les livres qui me tombent sous la main, c’est que j’ai tendance à m’enfermer dans une bulle et que j’ai parfois du mal à en sortir.

5. Librairie ou achats sur le Net ?
Librairie. Le Net, c’est uniquement en dernier recours ou quand ça fait économiser une somme d’argent conséquente. Je suis une petite vieille qui n’a pas confiance en Internet.

6. Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ?
Les romans. C’est ce que je lis principalement. Après, le type de roman que je regarde en particulier, c’est les contemporains japonais. La littérature japonaise est ma lubie du moment, je trouve cette littérature très subtile, tout en nuances, en retenue et en discrétion. Bon, ça dépend des auteurs, mais la plupart de ceux que j’ai lus jusqu’à maintenant sont comme ça. Ils nous montrent une vision du monde différente de notre vision occidentale des choses que je trouve un peu trop déprimante et déprimée. Mais je m’éloigne.
Sinon, je lis très peu de poésie, nouvelles, beaux-livres, etc. La poésie parce que c’est trop exigeant, les nouvelles parce que je dois m’arrêter entre chacune pour bien la comprendre et la retenir, les beaux-livres parce que ça ne m’intéresse pas.
Je lis un peu de mangas, sinon. Et presque pas de BD.

7. Préfères-tu les livres neufs, d’occasion ou les deux ?
Les deux. Plus exactement, je préfère les livres neufs et les occasions qui ont l’air neuf. Si le prix de l’occasion comparé au neuf est vraiment différent et que le livre est abîmé mais pas trop, je le prends. Si c’est un torchon, je prends le neuf, quitte à y mettre le prix.

8. Qu’aimes-tu dans le shopping livresque ?
Découvrir des livres sur lesquels je ne serais jamais tombée si je les avais commandés sur Internet. Avoir l’avis de mes amies sur les livres qu’on croise sur les étalages. L’excitation quand on croise les livres d’un auteur qu’on adore.

9. Te fixes-tu une limite d’achat par mois ?
Non. Puisqu’il y a des mois où je n’achète rien, je me permets le mois suivant d’être dépensière. Mais bon, je ne vais pas non plus dépenser 100 € uniquement en livres (le Salon du Livre, c’était une exception) : je n’ai pas la place !

10. À combien s’élève ta wish-list ?
Euh… je ne sais pas. Je ne fais pas de liste.

11. Cite 3 livres que tu veux TOUT DE SUITE !
Les Enfants de Ji (volume 2 de l’intégrale) de Pierre Grimbert. J’ai beau trouver ça moyen, je me suis attachée aux personnages et je veux absolument savoir ce qu’ils deviennent ! Le Mauvais de Shuichi Yoshida : j’ai adoré Parade, du même auteur, donc j’aimerais bien que ce roman sorte en poche là, tout de suite, maintenant, pour que je me jette dessus. Pour le troisième, on va dire Le Musée du silence de Yoko Ogawa.

12. Pré-commandes-tu tes livres ?
Non. À vrai dire, je ne me souvenais même plus que c’était possible.

13. Pourquoi un tel pseudo/nom de blog ?
Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est que je pensais avoir inventé le prénom « Naëlle ». En fait, c’est breton, ce qui est parfait parce que j’adore la Bretagne (une région où on ne meurt pas de chaud en été et dans laquelle pullulent les histoires légendaires ne peut qu’attirer ma sympathie). Bref, je cherchais un pseudo que je pourrais utiliser si jamais, par miracle, j’étais publiée dans des fanzines et autres revues. Il s’avère que « Moon » n’est pas terrible, mais si je devais le changer je garderais tout de même le rapport avec la lune, parce que j’adore lever la tête et m’apercevoir que la lune m’observe (j’ai des tendances mélancoliques égocentriques, parfois…). Voilà pour le pseudo.
Pour le nom du blog, j’ai bêtement dit le contraire de ce que je pensais, parce que je ne voyais pas d’autre manière de le nommer… J’ai fait preuve d’une imagination débordante.

14. Parles-nous de ton prof préféré.
Déjà, il faudrait que je choisisse mon prof préféré. J’hésite entre mon prof de français de première et ma prof de latin de licence (j’ai toujours fait en sorte d’avoir la même prof de latin, sauf un semestre parce qu’elle ne donnait plus de cours. C’est une prof qui explique très vite les choses, on doit être concentré sur ce qu’elle dit pour comprendre, donc on n’a pas le temps de s’ennuyer et, du coup, avec les autres profs, je m’ennuyais prodigieusement et ne comprenais pas aussi bien). Bon, allez, je vais parler de mon prof de français. Je n’ai jamais eu de très bonnes notes avec lui mais j’adorais ses cours parce qu’il nous expliquait très bien en quoi les textes étaient intéressants et on voyait quand un livre l’enthousiasmait particulièrement (Madame Bovary, par exemple, qu’il nous a dit avoir lu plus d’une quinzaine de fois sans se lasser… Je l’ai lu trois fois depuis et je comprends tout à fait ce qu’il nous disait, comme quoi la première fois, on trouvait ça inintéressant, la deuxième on appréciait l’écriture, la troisième on comprenait qu’en fait c’est intéressant, et ensuite on passait notre temps à décortiquer ce que Flaubert a voulu exprimer parce que c’est sans fin). Et puis il faisait souvent de l’esprit, on (sou)riait souvent. Maintenant que j’y pense, ma prof de français de seconde était très bien aussi, dans un autre genre.

15. Parles-nous de ton premier concert.
Je me suis mise aux concerts assez tard parce qu’aucun groupe ne m’avait passionnée au point de vouloir dépenser des sous pour le voir en vrai. Donc mon premier concert, c’est Indochine au Grand Rex le 29 janvier 2011. C’était démentiel, j’ai adoré. Du coup, j’ai recommencé en 2012, et c’était encore super, alors je re-recommencerai quand ces méchants pas beaux feront une autre salle parisienne que le Stade de France.

16. Quel est ton endroit préféré au monde ?
J’adore mon lit… Je pense que la réponse attendue n’est pas vraiment celle-là, mais je suis bien embêtée parce que je n’ai pas d’endroit préféré… On va dire la maison de campagne que mes grands-parents ont vendue il y a une dizaine d’années. Je garde beaucoup de bons souvenirs de ces étés passés là-bas, et y retourner récemment m’a rendu à la fois heureuse et triste.

17. Un endroit que tu aimerais visiter ?
L’Irlande, l’Écosse, l’Islande, la Nouvelle-Zélande… Des endroits où l’homme n’est pas ou peu présent et où la nature est maîtresse, en somme. Ah non, je sais ! Au nord du Canada ! J’ai vu un reportage une fois où un habitant de ce coin enneigé disait aux journalistes : « Écoutez ce silence. C’est un silence pur, sans fond sonore lointain, sans ondes. » Alors tout le monde s’est tu et on a entendu le silence.

18. Parles-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment.
Dans le bon ou dans le mauvais sens ? Dans le mauvais, je dirais mon chat qui miaule constamment. Quand on ne sort pas de chez soi, cette chose ultra mignonne nous donne des envies de meurtre. Dans le bon… La perspective de regarder prochainement Summer Wars de Mamoru Hosoda et La Tour au-delà des nuages de Makoto Shinkai ? Ce n’est pas une folie démentielle mais je ne vois rien d’autre. Et puis, je deviens folle pour peu de chose xD

19. Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, qu’est-ce que ce serait ?
J’aimerais beaucoup avoir mon mémoire terminé en main. C’est un peu tôt, mais bon… Dans le domaine du réalisable, on va dire une convention de stage remplie et tamponnée par toutes les instances requises. Parce qu’à deux semaines du théorique début dudit stage, je commence à être très légèrement inquiète.

20. Qui tagues-tu ?
Flo ! Et Acid-Brain, si elle veut bien. Et c’est tout, parce que plus personne ne passe sur ce blog, vu que je ne l’alimente pas.

Posté par Naelle Moon à 16:49 - Naëlle raconte sa vie - Commentaires [5] - Permalien [#]
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