La passionnante vie de Naëlle

Bon faut bien le dire, le titre de ce blog c'est de la publicité mensongère, ma vie est tout sauf passionnante. Mais je peux pas m'empêcher de la raconter, j'y peux rien!

29 mars 2013

Lectures de l'hiver

Je suis en retard d’une semaine, oui, je sais. Mais, comme d’habitude, je me suis mise à rédiger mes commentaires à la dernière minute. Donc j’ai galéré à me souvenir de tout ce que je voulais dire et, une fois de plus, ça m’apprendra à ne pas rédiger dès la fin de la lecture. Attention, cet article spoile beaucoup.

Le Secret de Ji, intégrale volume 2
Pierre Grimbert

Étant donné que j’ai déjà donné un résumé de l’histoire et un avis sur l’univers, je n’ai plus qu’à parler de la fin.

Malgré les défauts déjà cités, j’étais passionnée par la chose. Mais j’ai quand même grincé des dents lorsque j’ai vu que les personnages partaient chacun de leur côté pour se comporter d’une manière tout à fait héroïque (comprenez « débile ») : Rey s’en va tranquillement en territoire ennemi dans l’idée de tuer le grand méchant. Logique. Tout aussi logique le fait qu’il ne soit qu’emprisonné et non tué une fois sa tentative avortée. Encore plus idiot : Lana et Corenn qui veulent parlementer et se rendent toutes les deux devant Saat. C’est beau, la naïveté. Évidemment, tout ça échoue. En fait, on a l’impression que l’auteur ne voyait pas comment rassembler tous ses personnages à l’endroit de la bataille. Heureusement que les autres sont là pour agir utilement. Fin décevante, aussi, parce qu’elle finit de manière assez abrupte et nous dit, en gros : « Allez, rendez-vous au prochain cycle, hein ! »

Bref, mis à part ces petits bémols, j’ai bien aimé ce volume 2 et Le Secret de Ji en général, même si ce n’est pas non plus inoubliable.

Les Enfants de Ji, intégrale volume 1
Pierre Grimbert

Du coup, en bonne poire que je suis, j’ai enchaîné avec Les Enfants de Ji (intégrale volume 1), que j’ai sur mes étagères depuis des années. C’est du même niveau que Le Secret de Ji, mais en moins drôle et avec moins de suspense.

L’histoire est globalement la même : les héros du Secret de Ji sont enlevés mystérieusement, laissant leurs enfants (ceux qui portent les pendentifs qui protègent contre les pouvoirs des dieux) dans le flou total et en danger parce que des tueurs sont à leur poursuite. Notez qu’il n’est pas venu une seule fois à l’esprit des parents de révéler leur histoire à leurs enfants alors que la menace de la fin de la saga précédente était toujours là. Bref.

C’est bien qu’il y ait moins de suspense (on connaît déjà l’histoire des parents, on sait donc déjà qui est derrière cet enlèvement), parce qu’au bout d’un moment c’est lassant. C’était drôle au début, avec la rivalité entre Amanon et Keb pour Eryne (insupportable au début, soit dit en passant), mais par la suite ce petit jeu devient lourd. Le béguin de Keb pour Eryne est mal amené et pas franchement crédible. Cael est casse-pied, à se lamenter sans cesse. Zejabel n’a pas franchement l’air d’avoir lutté toute sa vie pour devenir la meilleure tueuse züe au monde, mais en dehors de ça c’est un personnage sympa. J’aime bien Niss et Nolan, sinon.

Donc bref, des personnages assez intéressants mais pas toujours bien développés, et une intrigue qui tient la route, même s’il y a des raccourcis sur la fin.

(Oui, j’ai totalement bâclé cette critique… Ҫa fait un moment que j’ai lu ce livre.)

Park Life
Shuichi Yoshida

J’avais a-do-ré Parade, du même auteur. C’est rare que j’aie un coup de cœur comme ça sur un livre. Alors forcément, j’attendais beaucoup de ce court roman.

L’histoire se déroule à Tokyo, plus précisément dans le parc de Shibuya et un ou deux autres espaces verts. Le narrateur est anonyme : c’est écrit à la première personne, le personnage ne se présente jamais et on ne l’appelle jamais par son nom. Il en va de même pour la femme qu’il rencontre.

Ce roman reste très distant par rapport aux personnages parce que c’est le parc de Shibuya qui est le véritable personnage principal (d’où le titre). En fait, « je » et « elle » sont les deux personnes que l’auteur a choisi de suivre, mais ç’aurait très bien pu être le monsieur qui fait voler son avion, les gens qui font leur jogging ou les clochards. L’auteur voulait montrer la vie qui s’écoule dans le parc.

Résultat, je n’ai pas bien saisi l’intérêt du roman et je n’ai pas accroché. Déception, donc.

Le Musée du silence
Yoko Ogawa

Rappelez-vous, j’avais adoré Cristallisation secrète. Une tension s’était installée tout doucement et ne m’avait pas lâchée jusqu’à la fin.

Un muséographe est chargé de créer un musée pour entreposer les objets volés aux morts du village reculé où vit la vieille dame-voleuse qui l’embauche. Avec la fille adoptive de cette vieille dame, le muséographe commence à recenser tous les objets et leur histoire auprès de la vieille dame. Il est aussi chargé de voler un objet aux gens qui viennent de mourir, car ce n’est plus de l’âge de la vieille dame. Peu à peu, le muséographe va se rendre compte qu’il ne pourra plus repartir.

Je n’ai pas tellement accroché, sûrement parce que je n’ai pas saisi tous les tenants et aboutissants. Tout ça me paraissait trop distant (la jeune fille reste un personnage assez énigmatique et il ne se passe rien, alors que le personnage principal semble avoir une certaine attirance pour elle) et à aucun moment l’action ne décolle. Dans Cristallisation secrète aussi, dans un sens, mais en fait non, parce que dans Cristallisation secrète la pression monte progressivement et que certains événements créent l’angoisse (le moment où ils sont à la gare avec des objets disparus et qu’il y a un contrôle, les disparitions particulièrement embêtantes comme la jambe). Dans Le Musée du silence, les morts arrivent régulièrement mais elles ne rythment pas le récit (je veux dire par là qu’elles n’ont pas vraiment d’importance pour/répercussion sur le personnage principal). Certains sujets ne sont qu’esquissés, aussi. Par exemple, on ne sait pas vraiment pourquoi le jardinier tue ces jeunes femmes ni pourquoi ça ne choque personne, sa relation avec sa mère est vite évacuée…

Voilà pour les points noirs. Sinon, je trouve la vieille dame et ses descriptions assez comiques (son dentier qu’elle remet en place, sa canne qu’elle secoue dans tous les sens), je ne sais pas si c’était voulu. Mais en tout cas quelle image elle donne de la vieillesse ! Ce n’est vraiment pas très ragoûtant, de ce point de vue-là l’auteur a bien réussi son personnage !

En somme, ce livre ne m’a fait ni chaud ni froid. J’ai attendu tout le long qu’il se passe quelque chose mais rien n’est venu.

Iliade
Homère

Je m’étais promis de lire Homère un jour parce qu’on ne peut décemment pas faire des études littéraires et ne pas l’avoir lu (vu tous les auteurs qui s’inspirent d’une manière ou d’une autre de lui). L’erreur est aux trois-quarts réparée (parce que j’ai lu une version abrégée de l’Odyssée, quand j’étais au collège).

Tout le monde connaît à peu près l’histoire : Achille est en colère parce qu’Agamemnon lui a pris Briséis, une de ses captives. Pour lui faire comprendre son erreur, Achille refuse d’aller combattre les Troyens qui, du coup, ont l’avantage grâce à Hector qui exhorte tout le monde au combat. Voyant la déroute subie par les Achéens, Patrocle propose à Achille de se rendre sur le lieu de la bataille avec les armes d’Achille pour faire reculer les Troyens. Patrocle meurt, achevé par Hector, Achille est dévasté, tout le monde pleure et s’arrache les cheveux. Achille veut se venger et demande à sa mère de lui trouver de nouvelles armes. Héphaïstos lui forge le fameux bouclier, puis Achille se lance dans la bataille et crée la débandade dans l’armée ennemie. Les Troyens rentrent dans la ville mais Hector reste pour affronter Achille, qui le tue et le ramène au camp grec en le traînant derrière son char. Il organise les funérailles de Patrocle et des jeux en son honneur, puis Priam vient en personne récupérer le corps de son fils. Achille accorde douze jours de répit aux Troyens pour célébrer ses funérailles.

Comme j’ai vu le film Troie, j’ai eu plusieurs surprises en lisant cette épopée. 1) L’épopée a beau s’appeler « Iliade », elle ne raconte pas la chute de Troie (quoique, avec la mort d’Hector, la chute de Troie est assurée) mais la colère d’Achille. 2) Les hommes sont les pantins des dieux. Achille sait qu’il va mourir mais ça n’a pas l’air de le perturber plus que ça. 3) Le rythme est étrange. En lisant le résumé que je viens de faire, on s’attendrait à ce qu’Achille et Patrocle entrent rapidement en scène. Sauf qu’à partir du moment où Achille dit : « Puisque c’est comme ça, je vais bouder dans ma tente », on ne le voit quasiment plus jusqu’au chant 16 (sur 24) où Patrocle lui demande s’il peut aller se battre pour aider les Achéens. À la fin du chant 16, Patrocle est déjà mort. Chant 18, Héphaïstos forge les nouvelles armes d’Achille. Chant 22, Achille tue Hector. Avant le chant 16, on voit donc essentiellement des combats entre les héros achéens (les deux Ajax, Ménélas, Agamemnon, Ulysse, etc.) et les héros troyens (Énée, Hector, etc.) Je dois avouer que ça m’a un peu ennuyée. Heureusement, les interventions des dieux animaient le tout.

Franchement, l’Iliade, c’est classe. Accessoirement, je ne sais pas si des chercheurs se sont amusés à relever tous les personnages cités et à les classer, mais ça serait très intéressant.

1Q84
Haruki Murakami

Pour plus de commodité, je vais parler des trois livres en une seule critique, étant donné que je les ai enchaînés.

La trilogie se découpe en chapitres centrés tantôt sur Aomamé, tantôt sur Tengo. Dans le troisième livre s’ajoute le point de vue d’Ushikawa, qui enquête sur les deux premiers. Le roman commence lorsqu’Aomamé, coincée dans un taxi sur une autoroute complètement embouteillée de Tokyo, décide de prendre l’escalier de secours pour rejoindre une gare et pouvoir ainsi se rendre à son rendez-vous. Mais en empruntant cet escalier, Aomamé passe dans un autre monde, qu’elle finit par appeler « 1Q84 ». Tengo, de son côté, est un prof de mathématiques qui écrit des romans à ses heures perdues mais qui n’a encore jamais été publié. Komatsu, un éditeur qu’il connaît, lui confie la réécriture de La Chrysalide de l’air, un roman écrit par Eriko Fukada (pseudonommée Fukaéri), mystérieuse jeune fille de 17 ans. Sans le savoir, Aomamé et Tengo, qui ne se sont pas revus depuis leurs 10 ans, se sont attaqués à une même entité, la secte des Précurseurs.

Sans aucun doute, la trilogie de Murakami est ambitieuse. L’auteur parle des sectes, des violences faites aux femmes et des viols de fillettes tout en abordant ses thèmes récurrents, c’est-à-dire la recherche de l’âme sœur, la réalité et le rêve, tout ça.

Mais il y a un problème, et de taille. L’auteur se répète beaucoup, beaucoup trop. Et croyez bien qu’on se coltine toutes les sortes de répétition :

1) Les répétitions d’un livre à l’autre voire d’un chapitre à l’autre.
Du fait des différents points de vue, on a droit aux réflexions de chaque personnage sur l’énigme à laquelle ils font face. Dans le premier livre, on fait à Tengo l’historique de la secte des Précurseurs et Aomamé se rend compte qu’elle n’est plus dans son monde d’origine (« dans le ciel brillaient deux lunes »). Dans le deuxième, Aomamé découvre à son tour ce que cache la secte et dans le troisième, Tengo se rend compte que le monde est différent et l’appelle « La Ville des Chats ». Dans le troisième toujours, Ushikawa, sorte de détective véreux, nous parle de l’enfance de Tengo et Aomamé qu’on connaît déjà, fait des suppositions sur ce qui a poussé Aomamé à faire ce qu’elle a fait à la secte (je ne peux rien dire sans spoiler) alors qu’on connaît déjà tout ça et il finit lui aussi par s’apercevoir qu’il y a deux lunes dans le ciel. L’auteur répète aussi souvent le quotidien tout ce qu’il y a de plus banal de Tengo et Aomamé.

2) Les répétitions en début et fin de paragraphe.
Je l’avais déjà fait remarquer à propos d’Au sur de la frontière, à l’ouest du soleil. Le pire que j’ai vu, c’est la construction suivante : « Tengo faisait cela tout en pensant à ceci. Une question. Voilà à quoi pensait Tengo pendant qu’il faisait cela. » Alors ok, ça fait un chiasme, mais c’est quand même ultra répétitif et je ne vois pas ce que ce chiasme apporte.

3) Les répétitions de mots.
Dans certains cas, c’est peut-être la faute de la traduction, ou alors on ne pouvait pas traduire autrement, je ne sais pas : le verbe « être » revient très, très, très souvent. Il y a également pas mal de verbes faibles (bon, ça, c’est peut-être parce que je suis en mode bêta-lectrice). Dans d’autres cas, c’est clairement la faute de l’auteur. Je me souviens par exemple d’un paragraphe de 6 ou 7 lignes dans lequel l’auteur enchaîne les phrases averbales et répète à chacune d’elles le mot « main » : c’est très lourd.

Le deuxième problème de cette trilogie, c’est ses idées. Comme je l’ai dit plus haut, les thèmes étaient prometteurs. Quand la vieille dame révèle à Aomamé ce qui est arrivé à Tsubasa, la fillette de 10 ans, le lecteur est mal à l’aise voire écœuré par tant d’horreurs et de souffrances. Quand la vieille dame explique à Aomamé ce qui est arrivé à sa fille et ce que certains hommes ont fait subir aux femmes que la vieille dame recueille, on n’en mène pas large non plus. Mais ça ne va pas plus loin, parce que tout le pan fantastique de l’œuvre reste inexpliqué. Murakami sème des mystères et ne les résout pas. Au final, on ne sait pas vraiment ce que veulent faire les Little People, ce qu’ils représentent. (Moi, ils me font penser aux sept nains de Blanche-Neige, mais allez trouver une signification à ça… !) On ne comprend pas ce qui a bien pu se passer dans la tête du leader pour qu’il devienne un monstre. Le professeur Ebisuno ne réapparaît plus une fois qu’il a expliqué la formation des Précurseurs à Tengo, comme s’il n’était là que pour apporter des informations essentielles au bon déroulement de l’histoire. On ne saisit pas pourquoi une espèce de collecteur fantôme de la NHK frappe à la porte de Tengo, Aomamé et Ushikawa, même si on se doute qu’il s’agit du père de Tengo, qui continue, dans sa monomanie, de frapper aux portes malgré le fait qu’il soit à la retraite et, de surcroît, dans le coma. On ne comprend pas le rôle qu’a la petite chose qu’abrite Aomamé. Tengo n’apprend pas ce qui est vraiment arrivé à sa mère (heureusement qu’Ushikawa est là pour nous en donner les grandes lignes) et ce que sa vision représentait (même si on en a une petite idée).

Je pourrais continuer mais ce sont les principales questions. Troisième et dernier reproche, qui dépend des sensibilités de chacun, c’est le fait que Tengo et Aomamé ne se rejoignent qu’à la toute fin. Plusieurs fois dans les tomes deux et trois, ils se ratent de peu. Ҫa énerve bien comme il faut. Mais le pire, c’est qu’il suffirait de peu de chose pour qu’ils se retrouvent. Sauf que pas une seule fois il ne leur vient à l’idée de, au hasard, laisser un mot que seul eux deux peuvent comprendre dans chaque boîte aux lettres de chaque immeuble du quartier. Cette attente de la rencontre donne envie de continuer le livre mais en même temps nous rend insupportables toutes les introspections des personnages.

Il reste – il faut bien quelques points positifs, tout de même – que Tengo et Aomamé sont attachants (cela dit, Aomamé m’énerve à partir du tome 3, elle devient limite gnangnan. On dirait qu’elle se liquéfie dès qu’elle apprend qu’elle est enceinte). Et j’aime bien Tamaru, l’espèce de garde du corps de la vieille dame. Ushikawa est absolument insupportable du point de vue de Tengo mais, quand on est de son point de vue à lui, ça va mieux. Par rapport aux liens entre Aomamé et la vieille dame et Aomamé et Tengo, je trouve qu’Ushikawa arrive aux bonnes conclusions un peu trop rapidement, mais bon. Le tome 1 commençait bien et, s’il fallait donner un ordre de préférence, ce serait celui-là qui l’emporterait. Le chauffeur qui dit que si Aomamé commence à sortir des sentiers battus, son monde risque de changer du tout au tout, c’est excellent. Les deux lunes sont bien trouvées.

BREF. En conclusion, cette trilogie donne l’impression que Murakami a écouté son éditeur qui lui aurait dit quelque chose du genre : « Pour gagner beaucoup d’argent et ce foutu Nobel de littérature, ce serait bien que tu les achèves avec une trilogie. » Et Murakami, naïvement, a obéi et pondu une trilogie assez ratée. Bons thèmes, personnages réussis, mais intrigue qui tombe à plat par manque de suite dans les idées, ce qui est fatal pour le ressenti final. (Et là, ça se voit que j'ai rédigé mon commentaire juste après avoir fini la trilogie ?)

À la prochaine, mes petits lapins de Pâques !


Commentaires

    j'ai encore changé de blog XD
    http://ferialredink.blogspot.fr/
    *fuit*

    Posté par Flora Graizon, 21 avril 2013 à 17:24
  • 'spèce de chieuse xD

    Posté par Naëlle, 21 avril 2013 à 19:16

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