Correcteuse
Ça fait quelques jours que ça me trotte dans la tête, alors voilà de quoi je vais parler cette semaine: comment j'ai décidé que je serai correctrice.
Il me semble l'avoir déjà dit, repérer les fautes de langue, c'est pas inné, ça se travaille. Au début je faisais des fautes pas jolies à voir, mais de toute façon je m'en foutais, puisque je les voyais pas. Mais je sais qu'à 10 ans, ça a commencé à me titiller quand je voyais des fautes trop énormes: un matin une fille avait écrit "Bonne anniversaire" au tableau pour la maîtresse, je lui ai fait remarquer la faute (le fait que je l'ouvre relève déjà de l'exploit) et elle a pas voulu rectifier; dans un journal que je faisais avec Fertuza (eh ouais, elle date cette amitié, ça fait 11 ans!), elle avait écrit "Angletere", et on avait montré ce journal à la maîtresse, et j'avais vu la faute, et j'avais eu un peu honte. Voilà.
À 15 ans, dans une plaidoirie qu'on devait rédiger pour un concours national dont on se serait bien passé, la prof de français avait fait remarquer que c'était excellent du point de vue de la syntaxe et de l'orthographe (pour atténuer le prestige, il faut dire que j'étais dans un lycée où le français n'était pas la matière la plus appréciée, alors une personne qui écrit impec', c'est remarquable). Toujours à 15 ans, j'ai commencé à écrire, je me suis inscrite sur un forum où il n'y avait que de jeunes écrivains (entre 10 et 20 ans). Comme, évidemment, la plupart des textes étaient constellés de fautes, on a ouvert une section "Orthographe" où des personnes qui s'étaient portées volontaires corrigeaient les textes de ceux que ça intéressait. On corrigeait uniquement les fautes, pas les formulations, sinon ç'aurait été trop long (pour ne pas dire qu'on aurait dû réécrire entièrement les textes...). C'est comme ça que ça a commencé.
Comme je me débrouillais pas trop mal et que j'avais vraiment que ça à faire de mon temps à cette époque (et accessoirement que j'étais légèrement accro à Internet), je me suis proposée et j'ai commencé à corriger ces textes bourrés de fautes en tout genre. Je suppose qu'au début je laissais passer un tas de trucs; je vérifiais assez rarement quand je doutais, mais comme j'apprenais les règles et l'orthographe des mots grâce à mes lectures, au fil du temps je me suis quand même améliorée sur deux points: je voyais beaucoup plus de fautes, et je corrigeais beaucoup plus vite.
Je suis autodidacte, en fait. C'est pour ça que, lorsque j'ai fait mon stage, les correctrices étaient étonnées que je corrige si vite et si bien (même si évidemment y avait des choses que je savais pas). J'ai tout appris par moi-même, à force d'observations et d'exercices. Sans tous ces textes pleins de fautes, j'aurais sûrement pas mon niveau actuel.
Comme, lorsqu'on est en seconde, on commence déjà à te tanner pour que tu aies une idée de ce que tu veux faire plus tard, je me suis demandée si correctrice ça existait. J'ai cherché un peu et j'ai trouvé. Y a assez peu de correcteurs qui s'expriment sur la toile (les plus connus sont les correcteurs du Monde.fr), et les sites sur les métiers que j'avais consultés à l'époque donnaient quasiment pas d'informations, si bien que jusqu'à ce que je sois aiguillée par la cousine (correctrice) d'une amie, j'avais une idée assez floue de ce métier.
Mais voilà, c'est bien joli tout ça, mais maintenant que je sais que je peux devenir correctrice, faudrait pas que je me repose sur mes lauriers, comme j'en ai l'habitude. Récemment j'ai fait un test de langue, et j'ai eu un résultat assez médiocre comparé à ce que j'attendais. Bon c'est pas mauvais comme score, mais quand même, je suis pas contente. J'ai fait des fautes connes. Et je m'aperçois que j'ai des lacunes en conjugaison (peindre à la P1 du présent de l'indicatif, ça donne quoi? Mmh? On met un -d, un -t ou un -s?... Épineuse question, n'est-ce pas?). Ma mère a dit que j'avais que 20 ans (d'ailleurs, non, c'est pas vrai, j'ai 19 ans et 8 mois. Nuance!) et que c'était normal. Mais ça me déprime. Alors j'ai décidé que je verrai une règle par semaine, genre apprendre tous les mots qu'on pense être masculins alors qu'ils sont féminins, et inversement, la règle sur "tout, tous" (plus vicieuse qu'il n'y paraît), la conjugaison des verbes qui posent problème, l'accord des verbes pronominaux au passé composé, tout ça tout ça.
Si je le dis sur ce blog, c'est pour me motiver, sinon je tiendrai sûrement pas le pari. Et puis peut-être que des fois je ferai un article sur une règle, ça me la fera rentrer plus facilement dans le crâne (donc en gros ce sera autant pour vous que pour moi).
EDIT: Ma soeur m'a fait remarquer qu'en disant que j'étais autodidacte, je me la pétais un peu. Mais en fait non, hein (même si dans la façon dont je le dis on peut le prendre comme ça, je l'accorde). Faut être vachement humble quand on est correcteur, savoir se remettre en question et toujours douter. Et si je déprime à cause de ce questionnaire, c'est parce que je voudrais bien faire une formation reconnue par l'État. Sauf que pour faire cette formation, faut déjà avoir un excellent niveau (si j'ai bien compris on passe des tests d'entrée). Alors si je suis pas fichue d'avoir 90% de bonnes réponses à un questionnaire sur le Net, qu'est-ce que ça va donner pour la formation, je vous le demande?